[À propos d’un texte de Claire sur son travail]

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3_33x30

Claire Colin-Collin, Sans titre, 2014
Acrylique sur toile, 33 x 30 cm

7 avril 2014

[…]

Le début de ton texte me donne la sensation que tu abordes ton travail comme quelque chose d’extérieur, comme s’il s’agissait du travail de quelqu’un d’autre. Cette position de distance — de retrait ? — traduit-elle une attitude de modestie ou une volonté d’objectivation ?

Je conçois que tu écrives : « ça part toujours du fond » ; en même temps, je me demande ce que désigne « ça » ? Comme tu le sais, en psychanalyse « ça » — le « ça » — désigne l’inconscient, la part la plus complexe et la plus fondamentale de notre psychisme. S’agit-il ici de ce ça-là ?

Puis tu évoques — désignes — le « fond », « qui s’agit d’ouvrir ou de fermer. dans lequel inscrire un espace. » Le « fond » n’est-ce pas, de fait, en peinture, la surface sur laquelle se détache quelque chose ? N’est-ce pas parce que quelque chose se détache, dans ce mouvement, que s’inscrit la peinture ?

Tes phrases sont à la fois imprécises et précises, générales et particulières. Je comprends que tu rendes compte de ton activité — de tes préoccupations — de cette manière ; mais je ne sais pas si tout un chacun peut l’entendre ainsi ?

« La rature dessine » ; « La peinture refuse de ne pas durer ». Ces formulations paradoxales me plaisent. J’aimerais que tu les dégagent du reste, préserve leur caractère énigmatique, leur audace et, contradictoirement, que tu les explicites.

Ces formules touchent à l’essentiel — mot suspect « l’essentiel », mais il ne m’en vient pas d’autre à l’instant — ; elles s’approchent probablement le plus, et le mieux, de cela dont il est question en peinture, et en même temps elles génèrent une aporie : que dire d’autre ?

Le mot qui surgit à la fin de ton texte, dans l’expression « fixer quelque chose pour toujours », est celui là même auquel s’affronte, inévitablement, toute pratique de la peinture.

André Cadere a remplacé le mot « toujours » par l’expression « sans fin ». « Peinture sans fin » lui permet, ou permet à sa peinture, d’échapper à sa vocation statique, non par un accroissement (sans fin) mais par le déplacement, la déambulation.

Voilà, sinon un point de vue, du moins quelques impressions spontanées que déclenche en moi la lecture de ton texte.

[…]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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