[Il n’y a pas de silence gardien. Lettre de Maurice Blanchot]

Le 12 août 1981

Cher Alain Coulange,

Presque chaque jour, je reçois des lettres qui me questionnent. S’il est vrai qu’en général je garde le silence, je vois bien que le silence ne me garde pas, mais m’expose plutôt, et cela est juste : il n’y a pas de silence gardien.

Je voudrais répondre à l’écrivain que vous êtes : tout livre qu’on écrit est le dernier livre ; si un autre vient encore, c’est qu’il n’avait pas été écrit.

Je ne parlerai ni de la situation littéraire, ni de la situation philosophique. Qu’en est-il ? Qui aurait la fatuité ou l’inconvenance de répondre ? Et est-ce que c’est vraiment important ?

Le 10 mai fut pour moi un événement heureux, même si le bonheur n’est pas destiné à durer.

Tous mes souhaits pour votre travail.

Maurice Blanchot

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Paru dans : revue Contre toute attente n° 4, automne 1981

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