[La vie qu’on a parfois]

Pour Manon

Depuis
Quelques jours
Tout glisse
L’hiver
Sans interruption
Sur la ville
On écoute
On regarde
Dans le bruit de la ville
L’appartement
Sans couleur

On lit
On relit
Peut-être
On ne sais pas
Écrire
Pour répondre
De cette impossibilité
On ne se détache pas

Une semaine
Passe
Un mois
Deux
Peut-être
À même l’œil
Le souvenir
D’un tout
Venu
Venant
Et le silence
Et ne rien faire

Le mot
N’est jamais
Un corps
On se lève
On va
Vers qui
Vers quoi
Sans nouvelle
De passage
Entre
Quoi
Et quoi

La tournure
Des phrases
La tête
À l’envers
La lampe
Blanche
Découpe l’ombre
De ses mains
Et la nuit
À cet instant
Est l’hiver
Derrière la vitre

L’hiver
Est là
N’est pas là
On lit
On prend des morceaux
On ne sait quoi
Dans cet hiver
Blessé
Peut-être pas

Lire
Se taire
Les mots
Se retournent
Échappent
Tuer
Engloutir
Se taire
Ou parler

C’est la vie
Qu’on a
Parfois
Et puis
La chaleur
Douce
Et puis
Le mimosa

___

Paru dans : Gérard Arseguel et Alain Coulange, Se pencher pour continuer à vivre, Collection Gramma, Éditions F.-P. Lobies, 1986

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