[de (et dans) l’écart du temps qui passe]

Impossible d’appréhender la page autrement que comme un espace ultime, précédant la manifestation d’un arrêt.

L’espace se referme. Le livre ne répond pas.

Parce le livre ne répond pas, s’écrivant d’une question sans réponse, écrire un autre livre devient nécessaire.

Sans doute est-ce pour cette raison qu’il y a du temps entre les livres.

Le temps transforme une interrogation qui pourtant reste la même.

C’est parce que le temps le transforme qu’un livre est intelligible.

La fin est différée de ce que viennent un autre temps, d’autres transformations, c’est-à-dire un autre livre.

L’auteur non plus ne peut répondre.

Il ne le peut puisque du temps est passé et il ne peut (ne sait) répondre de ce temps passé.

Ainsi écrit-il : « Du temps est passé ».

L’auteur vit au-delà, dans l’au-delà du temps (d’un temps) qui le sépare de son livre.

Il écrit loin de ce temps passé, nourri de n’avoir écrit de (et dans) l’écart du temps qui passe.

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